Eglise Saint-Pierre

Située au cœur de l’ancien fort médiéval d’Autoire, l’église Saint-Pierre a été construite au cours de la fin du 11e ou au début du 12e siècle, suite à la donation faite à l’évêché de Cahors par les seigneurs de Banze.
Elle formait avec le château seigneurial, la fortification surplombant l’Autoire, le mur d’enceinte contre lequel sont venues s’appuyer au XIIIème siècle des constructions à pans de bois, le premier fort médiéval.

La présence du village et de la famille seigneuriale est avérée bien avant cette date. L’église existait donc alors, et fût reconstruite avec plus d’importance à cette époque.
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On retrouve au-dessus de l’entrée principale de l’église : à gauche une esquisse du blason de la famille de Banze, et à droite la croix du Languedoc, symbole du comté de Toulouse duquel l’évêque de Cahors tenait ses droits

Coiffé d'une coupole, l’édifice roman présente un important décor sculpté fait de modillons, chapiteaux et bases de colonnes.

La nef romane était initialement composée d’un vaisseau unique de deux travées divisées par des arcs doubleaux en forme de demi-tores, rebâtis à l’identique au 19e siècle lorsqu’on édifia une nouvelle voûte. Cette dernière, sur croisées d’ogives, s’est vraisemblablement substituée à une voûte romane en berceau brisé.

La croisée du transept est cantonnée par quatre puissants piliers cruciformes dont les colonnes adossées sur dosserets s’ornent de chapiteaux à entrelacs et de bases sculptées de chevrons épais et de visages (reproduits au 19e siècle sur les bases des collatéraux), de baguettes torsadées ou de tores et de filets, décor caractéristique de la fin du Xième siècle.

Au cours des premières années de la guerre de Cent Ans, au XIVème siècle, l’église d’Autoire fut fortifiée comme grand nombre d’édifices romans quercynois, afin de servir de refuge aux habitants de la communauté.

On éleva ainsi au-dessus du choeur un réduit dont il ne subsiste que deux pans de maçonnerie : l’un de forme triangulaire à la proue de l’hémicycle, l’autre au-dessus de l’arc doubleau de la travée de chœur.

Au même moment, le clocher barlong édifié à l’époque romane sur la croisée du transept et sa coupole fut surélevé et percé dans sa partie supérieure sous charpente de grandes échancrures comparables à des créneaux permettant la surveillance d’un guetteur et le tir des défenseurs de la place.

La nef a sans doute été détruite pendant les guerres de religion. Il en subsiste peut-être des maçonneries romanes.

D'après l'abbé Clary, des réparations auraient été faites en 1783, et la nef aurait été reconstruite, voûtée d'ogives, dans un style romano-gothique, entre 1868 et 1880

 Au cours du 19e siècle, des bas-côtés collatéraux furent bâtis au Sud et au Nord de la nef pour en accroître le volume et permettre l’accueil d’un plus grand nombre de fidèles, ces bas-côtés sont placés dans l’axe des deux bras du transept roman. A la même époque furent aussi ajoutées la sacristie et la dernière travée de la nef.
Les fenêtres qui éclairent les travées sont inspirées des baies romanes du chœur (restaurées en parties elles aussi au 19e siècle).
Les deux portails qui s’ouvrent à l’Ouest et au Sud sont tous deux surmontés d’oculus dont les formes sont singulières des vocabulaires architecturaux roman et gothique.

Aujourd’hui, cette église, pourtant largement remaniée au 18e siècle, possède un charme incomparable!